Dégustons

Savais-tu que l'humain moyen possède 10 000 papilles gustatives réparties partout sur sa langue? Ce sont les petites "bosses" rugueuses qu'on voit quand on tire la langue devant le miroir (ben quoi, j'fais ça tout le temps, pas toi?). On en a aussi sur le palais, les amygdales et le pharynx. Chaque papille contient entre cinquante et cent cellules qui jasent avec tes neurones quand tu te mets quelque chose dans la bouche. Malgré qu'on s'entende tous pour dire que le goût ça se passe dans la bouche, ce sens n'est rien sans son acolyte odorat. C'est d'ailleurs pour ça qu'on goûte moins quand on a le rhume ou la grippe pis qu'on a le nez bloqué, ta bouche a besoin de ton nez pour bien goûter.




Chaque région de notre langue est responsable de faire goûter quelque chose de spécifique. Le bout de la langue est sensible au sucré, les côtés réagissent au sel et à l'acidité et le fond de la langue transmet les saveurs amères. Le centre de la langue, quant à lui, est plutôt indifférent à tout ça parce qu'il contient moins de papilles que le tour.


Même si on partage tous sensiblement le même nombre de papilles, y'a des gens qui ont le sens du goût beaucoup plus développé que d'autres. Certaines personnes arrivent à identifier facilement les ingrédients d'une recette juste en goûtant au plat, tandis que d'autres n'arriveront même pas à faire la différence entre un panais et une carotte. La génétique est en partie responsable de nos goûts. C'est pour ça que certaines personnes ont un dédain profond envers la coriandre ou le brocoli, par exemple. Moi j'ai hérité du jack pot, j'aime tout. Par contre, je me souviens quand j'étais kid, c'était vraiment pas le cas. Heureusement, les goûts changent et en grandissant je me suis ouvert. Désormais, je remercie le ciel d'être au sommet de la chaîne alimentaire et de pouvoir manger de tout.




Pour goûter, nos papilles gustatives doivent absolument être mouillées. Si on avait une langue sèche comme celle d'un oiseau (ou comme quand on se réveille après une grosse cuite pis qu'on a la langue aussi sèche qu'une truite sur l'asphalte), on ne goûterait absolument rien. Y'a aussi quelques autres trucs qui entravent le goût. Fumer ou boire, par exemple. Faut pas désespérer non plus, comme les papilles gustatives se renouvellent cycliquement, rien n'est perdu si tu trouves que t'as pas le goût développé. Pis c'est comme n'importe quoi, ça se pratique. La meilleure façon d'améliorer son sens du goût, c'est de sentir et goûter le plus de choses possible, c'est pas sorcier.


Au Nelligan's, un samedi par mois, on reçoit les amateurs de whisky pour faire des ateliers de dégustation. En moyenne, une quarantaine de personnes se réunissent pour savourer de précieux élixirs vieillis en fûts. Si c'est le genre de chose qui t'intéresse, tu peux aller consulter notre site web ou notre page Facebook sous la section événements pour découvrir ce qui s'en vient. Les billets s'achètent en ligne pis les ateliers sont animés par des pros de chez Québec Whisky. J'te donne un scoop, bientôt tu vas pouvoir venir goûter à des trucs qui ne se trouvent pas à la SAQ. Reste à l’affût.




Si jamais tu décidais de venir participer à une de nos dégustations, y'a quelques petits conseils qui pourraient t'aider à apprécier encore mieux l'atelier.


1. Mange avant de venir. Tu peux aussi t'apporter un lunch, commander pour une livraison ou te ramasser quelque chose chez nos partenaires du quartier, mais c'est important que tu mettes du dur dans ton mou avant de t'enfiler ton whisky. Depuis que notre cuisine est fermée, on a moins de choix, mais on a quand même des snacks. Tu dois te nourrir, c'est de l'alcool fort, on voudrait pas te ramasser en dessous de la table.


2. Évite de te parfumer. C'est le genre de truc qui gâche vraiment l'expérience (la tienne et celle des autres autour), surtout si t'es le genre de personne à t'asperger généreusement. Abstiens-toi, c'est une question de respect.


3. Ne sois pas gêné de partager tes impressions. Quand bien même que tu serais le seul à goûter la framboise dans ton whisky, ça ne veut pas pour autant dire que tu as tort. Tsé les goûts, ça se partage, mais ça ne se discute pas!


4. Dégourdis-toi le palais un brin avec un verre de bière (ou autre chose, en petite quantité) avant de commencer l'atelier de dégustation. Parfois, lorsque notre bouche goûte à de l'alcool fort, on a une impression d'amertume dans la bouche qui n'est pas réelle. C'est juste ton cerveau qui te mentionne au passage que t'es en train de boire quelque chose qui va potentiellement t'intoxiquer.


5. Parlant d'intoxication, écoute-toi. Suis ton rythme. Le but c'est de découvrir des saveurs pis pour ça, c'est même pas obligé de boire tout le contenu de ton verre. Ça serait dommage de gaspiller, alors si tu trouves que les portions qu'on te sert sont trop grosses, t'as juste à en demander un peu moins y'a rien là. By the way, on sert toujours des demi onces, pis généralement y'a 6 bouteilles à goûter. Le but c'est pas de se mettre chaud non plus.


6. Parlant de se mettre chaud (ouais, j'suis vraiment forte sur les liens) essaye d'éviter de virer la brosse de ta vie la veille. Ça se pourrait que ça t'enlève un peu le goût si juste de penser à consommer de l'alcool ça te lève le coeur à ton réveil. Nos ateliers se déroulent en début d'après-midi, arrange-toi pour être fonctionnel vers onze heure, ça devrait aller.


7. Bois de l'eau. C'est pas mal tout le temps moi qui travaille au bar pendant les dégustations (j'aime vraiment beaucoup ça) pis d'habitude, je m'arrange pour que tu n'en manques jamais. Y'a une bonne raison, c'est parce que t'en as bien besoin, ça fait que aweille, bois-en.


8. Achète tes billets d'avance, y'a certaines dégustations qui se vendent en 24h. Si jamais tu vois passer quelque chose qui t'intéresse, niaise pas trop.


En espérant te voir bientôt à une de nos dégustations (ça s'offre vraiment bien en cadeau pour Noël, j'dis ça d'même...), d'ici là porte-toi bien !
















© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's