Braindead

J'ai parti le chauffage pis j'ai sorti mon coat d'hiver, tsé, celui avec du pwel autour d'la capine. Si tu me connais moindrement, tu l'sais que c'est un deuil pour moi. Un autre été est passé en un clin d'oeil, mes plantes de balcon sont gelées dans leurs pots pis j'ose même pas les jeter parce que j'suis dans le déni. Le vent frette me crispe les os en permanence pis je sais que c'est vraiment pas le pire boute. À part quatorze bains chauds j'vois pas c'qui va venir à boute de mes pieds gelés. J'ai comme le goût de rien, pis ça me tue l'inspiration pour t'écrire un beau billet du dimanche.


J'me suis trouvée moche en croisant mon reflet dans le miroir, j'me suis coupé les cheveux pis ça m'a même pas arrangé le portrait. Si j'avais eu un gâteau au chocolat sous la main, j'pas mal sûre que j'en serais venue à bout. Tu me feel? Seule solution envisageable : Binge watcher des séries. Ça me permet de brailler ou de rire, pis même de faire les deux en même temps par boute.



J'sais pas si t'es dans le même mood que moi, mais si jamais t'étais dû pour une bonne et longue séance de patate de divan, j'aurais potentiellement quelques trucs à te recommander. Mets ton pyjama dans la sécheuse, enfile-le pendant qu'il est encore chaud, ramasse toé une p'tite couverte pis installe toi sur ton sofa...


Si t'es abonné à Netflix (j'pas mal sûre que oui, que ça soit toi qui payes ou ben que tu sois en train de bummer un de tes chums qui t'as donné son accès), y'a quelques nouveautés qui sont sorties récemment pis qui valent vraiment le détour.



The end of the F***ing world, saison deux. Pour voir à quel point l'monde peut être fucké pis se pousser à boute, c'est parfait. Les silences sont toujours bien installés, la musique (et surtout les coupures musicales) sert de discours, les acteurs sont malades pis le scénario est bien rodé. Bref, si t'as pas encore vu ça, c'est de la bombe.


Big Mouth, saison deux. J'avais adoré la première, la deuxième est du même calibre. Ça parle du développement sexuel à l'adolescence et c'est traité avec beaucoup d'humour, ce qui rend la chose vraiment attachante. Que tu t'y retrouves ou non, ça vaut le détour parce que ça dédramatise un paquet de sujets encore tabous, même si on prétend être ouverts et évolués. Si t'as des enfants, c'est d'autant plus pertinent pour pouvoir bien les encadrer, pis même si t'en as pas, ça va te faire rigoler brillamment quand même.


Atypical, saison trois. Les deux premières étaient excellentes, celle-ci également. J'ai toujours peur d'être déçue quand je tripe fort sur les premières saisons pis que j'attends la suite, mais là, franchement, aucune crainte à avoir. Le personnage principal est un jeune autiste déterminé et brillant qui apprend tant bien que mal à devenir un adulte autonome. Contrairement aux premières saisons, celle-ci expose davantage les personnages secondaires. L'amitié et l'acceptation sont les thèmes principaux, mais tu pourras y découvrir de belles leçons d'humilité et de dévotion qui font du bien.


Pour les amateurs de séries québécoises, tou.tv regorge de petites perles. C'est peut-être patriotique, mais je trouve tellement qu'il y a du talent au Québec. On a rien à envier aux grosses productions étrangères.



L'âge adulte, saison deux. La famille, peu importe ce qui arrive, c'est la famille. Les personnages sont complètements éclatés, authentiques, drôles, attachants et sincères. Les épisodes sont tous plus rocambolesques les uns que les autres, mais rassure-toi, le scénario est ainsi fait que tout s'explique. Simplement délicieux.


Faux départs. Fuir la réalité ou dealer avec ses problèmes? Si t'as déjà eu envie de tout foutre en l'air, ça va te parler. J'aime beaucoup le côté brut des personnages. C'est ce que j'apprécie le plus des séries québécoises, on peut s'y reconnaître.


Cerebrum. Beaucoup plus classique, mais très bien exécuté. J'ai toujours eu un penchant pour Claude Legault et je ne suis pas déçue, encore une fois. Pas mal moins trash que mes autres propositions, mais bien captivant quand même.


M'entends-tu? Parlant de trash... Personnalités explosives, stigmates du passé et amitiés sincères. Trois femmes tentent de survivre à leurs blessures de guerre du mieux qu'elles peuvent, avec tout ce que ça implique comme difficultés au présent. Sensible, émouvant, drôle et intelligent, cette série dépeint les couleurs de la pauvreté. Ça fait toujours du bien de s'ouvrir les yeux sur une autre réalité que la notre.


Faits divers, saison deux. Encore une formule policière relativement classique qui raconte la criminalité dans un Québec rural. Pour la p'tite fille de la campagne que je suis, c'était ben l'fun de voir une histoire qui se déroule pas en ville.



Avec ça, tu devrais en avoir pour un p'tit boute. Si jamais t'as un coup de coeur récent à partager fais-moi signe, j'suis toujours ben willing. Pis fais-toi en pas trop pour moi, ça me fait la même chose chaque année. J'ai invité des amis à souper, à l'heure où tu lis ces lignes, j'peux te garantir que j'me sens déjà bien mieux, que j'ai une coupe de vin à la main pis que j'ai probablement la bédaine pleine de bonne bouffe.


Bon dimanche !







© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's