Mon amiour.

Je t'ai souvent parlé de mes amis et de l'importance immense qu'ils ont dans ma vie. Y'a ceux qui la meublent depuis des années pis y'a les amis tous neufs. Y'a ceux que je vois presque chaque jour pis ceux que j'arrive à peine à voir plus d'une fois par année. Y'a ceux avec qui je n'ai que de bons souvenirs pis ceux qui ont traversés les pires tempêtes à mes côtés. Y'a ceux qui sont proches pis ceux qui sont à l'autre bout du monde.




Avec le temps j'ai appris que chaque amitié est unique parce que chaque personne est unique et que toutes ces différences peuvent devenir le terreau fertile qui fait germer et croître l'inestimable quand on se donne juste la peine d'essayer. J'ai appris aussi que les gens changent, que les amitiés se transforment et qu'elles constituent une chose vivante qui peut naître autant que mourir.


Je me suis parfois sentie seule dans un groupe et d'autres fois bien à l'aise toute seule. J'ai besoin des autres et de ma solitude, de ma solitude autant que des autres, c'est une affaire d'équilibre. L'amitié est une chose simple et complexe à la fois. On m'a souvent dit que l'amitié homme-femme était impossible et qu'il y aurait toujours un des deux parties qui aurait des sentiments non-amicaux, pis avant de pogner la vingtaine, j'étais presque convaincue que l'amitié femme-femme était toujours parsemée de jalousie, de coups bas et d'hypocrisie.




J'ai eu le coeur rempli jusqu'à l'explosion et le coeur vidé-séché jusqu'à la fêlure, j'ai mangé des coups et j'en ai donné. J'ai fait du millage en masse, mais comme y'a pas de map, j'ai aucune idée d'où tout ça va me mener. J'ai juste la profonde certitude d'être sur le bon chemin, d'être à ma place, avec toi.


Mes amitiés voyagent pis à chaque départ, comme l'humaine imparfaite que je suis, je me rend compte à quel point je les aime et que j'ai besoin d'elles. On dit qu'on ne connait jamais la valeur de quelque chose avant de l'avoir perdu, pis même si une partie de ça est vrai, je t'assure que ces amitiés-là, j'ai pas besoin de les perdre pour reconnaître leur valeur.


En hommage à toutes les sublimes personnes qui agrémentent ma vie en me complétant, me chamboulant, me réinventant, me supportant, m'acceptant, me questionnant, m'accompagnant ou me défiant... Je ne vous nommerai pas, vous vous reconnaîtrez; merci d'être dans ma vie. Je n'ai jamais été aussi riche qu'aujourd'hui tout en sachant que je suis plus pauvre que demain.


Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin, parce que l'amitié est la seule chose qui divise les peines tout en multipliant les plaisirs.


Je t'aime, je vous aime.


P.-S. Oui, j'ai pleuré en t'écrivant aujourd'hui.





© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's