Les petits oiseaux


La page est blanche comme la neige,

autant que ma tête est pleine de lumière.

Si je mets des mots dessus c'est pas pour l'assombrir,

c'est juste pour t'éblouir,

comme un soleil sur ta glace qui fond.

Les petits oiseaux sont revenus ce matin.

J'avais peur qu'ils m'aient oublié.

C'est niaiseux, j'sais ben.

Les petits oiseaux peuvent pas m'oublier,

ils savent même pas que j'existe.

C'est comme toi.

J'me demande si tu m'as pas oubliée.

C'est niaiseux j'sais ben.

Tu peux pas m'oublier, tu sais même pas que j'existe.

Pas encore.

Tu pars avec un strike, pis t'as même pas commencé la partie.

C'est injuste de même la vie.

Le plus froid des hiver arrive quand même pour une maudite bonne raison.

Il finit par laisser de la place au soleil chaud à nouveau.

Des fois c'est dur d'apprécier ce qu'on a pas perdu.

Mes bourgeons frétillent.

J'me demande si on va regarder les étoiles ensemble en buvant un p'tit blanc doux.

J'me demande si tu vas aimer la puck que j'ai sur la fesse droite.

J'me demande si je vais aimer le grain de beauté que t'as dans le cou.

J'me demande si tes joues creusent en fossettes quand tu ris sans fausseté.

J'me demande si tu plisses les yeux quand il fait soleil ou si tu te caches derrière des lunettes fumées.

J'me demande de quelle couleur sont tes yeux,

justement.

J'me demande si tu vas me briser le coeur, comme l'été dernier.

J'me pose mille questions.

C'est niaiseux j'sais ben.

J'te connais pas encore, mais moi,

contrairement aux petits oiseaux,

j'le sais que t'existes.

Pis ça, c'est pas niaiseux pantoute.

© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's