Porte-bonheur.

Cette semaine, un client m'a posé une bonne question. Il m'a lancé tout bonnement "C'est quoi le bonheur ?". Sur le coup j'me disais que c'était facile de répondre à la question, mais plus les secondes filaient pis plus la réponse se complexifiait dans ma tête. Honnêtement, j'avais pas de réponse. Si le bonheur est une chose qui semble bien simple en surface, bien le définir n'est visiblement pas aussi simple.



Selon le Larousse, le bonheur, c'est un état de complète satisfaction, de plénitude. La définition est courte, même qu'elle est simpliste, je trouve. Ce qui vient complexifier les choses dramatiquement, c'est la capacité d'identifier ce qui nous permet d'atteindre cet état. Mettons quelque chose au clair, être heureux ne signifie pas de nager dans le bonheur en permanence. Le bonheur, c'est rien d'absolu, pis c'est certainement pas inébranlable. Même les gens heureux ont des moments de tristesse, ce qui les différencie des autres, c'est comment ils y réagissent.



Des chercheurs de l'université de Sherbrooke ont établi des statistiques bien intéressantes à ce sujet. Selon eux, 10% de notre propension au bonheur serait reliée à des facteurs sociodémographiques (vivre dans un pays riche et en paix au lieu d'un pays pauvre et en guerre, par exemple) et 50% serait attribuable à notre génétique. Autrement dit, dès la naissance, y'a des gens qui possèdent déjà les traits de caractère et les caractéristiques neurophysiologiques pour être heureux (pis merci la vie, j'pense que j'ai un maudit bon bagage génétique). C'est un peu poche pour ceux qui ont pas le p'tit morceau d'origine, mais heureusement, l'étude mentionne également que le dernier pourcentage de bonheur (40% si tu suis) serait relié aux choix qu'on fait. Dis-toi donc que c'est pas tout perdu si jamais t'as une génétique de marde.



J'ai toujours eu le bonheur facile. J'suis le genre de fille qui se trouve chanceuse quand je marche dans la rue pis que le lampadaire s'allume au dessus de moi, juste au moment où je passe. Ces temps-ci, je suis ravie de constater que le soleil recommence à me chauffer la peau quand j'attends pour traverser au coin de la rue pis ça fait frétiller mes bourgeons intérieurs. J'm'étais ennuyée du feeling. J'aime vraiment ça quand la petite corde de ma poche de patate se détricotte d'un coup, pis je tripe au boute quand j'ai tout juste assez de purée pour toper le dernier étage de mon pâté chinois. Ça va te paraître cliché, mais j'pense qui a un morceau d'enfant qui me veille l'intérieur. Y'a rien comme d'être émerveillé devant les choses simples.


Quand il m'arrive un pépin, j'essaie toujours d'en tirer une leçon. Quand j'ai le coeur brisé, je me répète sans cesse que ça va finir par passer, pis guess what, ça passe toujours. Quand j'ai pas envie de sourire, je souris quand même. C'est forçant un peu les premiers instants pis tu vas peut-être trouver ça fake, mais ça fini par devenir naturel et ça fait autant de bien à moi qu'aux autres. À défaut de pouvoir changer les choses qu'on ne contrôle pas, on peut changer notre perception.



Ce qui ne rend définitivement pas heureux, c'est l'argent. Bon, mieux vaut être triste au volant d'une Mercedes qu'au volant d'une Tercel que tu vas me dire, mais si y'a une chose que l'argent pourra jamais acheter, c'est bien le bonheur. Je pense qu'au fond, le bonheur, faut pas le chercher, faut simplement y être attentif, yé là.


Y'a pas de recette universelle au bonheur, mais une chose est sûre, si tu penses que t'es pas heureux, t'es dû pour changer quelque chose. “La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent.”, disait Albert Einstein. C'est bourré de sens, pas vrai?


Sur ces sages paroles, que le bonheur soit avec toi ! Bon dimanche !







© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's