Tirer la plug

Ça y est. J'y suis arrivée. Je suis en congé pour une semaine. Tu m'verras pas au Nell avant un petit moment. Y'était temps parce que même si mon boulot me plaît, j'étais due pour un break. Prendre le temps de s'arrêter, c'est plus qu'important, même que parfois c'est vital (pour toi et pour les autres haha!). Voici quelques uns des signes que ton corps et ta tête t'envoient quand t'es à boute et que tu devrais écouter pour profiter de la vie comme il se doit et éviter de péter au frette.



Tu commences à penser à la meilleure façon de disposer d'un corps. Ouais, comme dans "Je t'ai déjà tué 3 fois dans ma tête cette semaine manne, faque prends ton gaz égal". T'as spotté la chambre froide mais tu t'es dit que c'était pas assez discret, t'as aussi pensé au frigo derrière le bar mais c'est trop petit et encore moins discret, pis la machine à glace c'est juste hors de question. Faque finalement, tu t'es dit que peut-être c'était mieux de prendre des vacances au lieu de faire un meurtre.


T'as des cernes jusqu'au menton, t'as la plotte à terre (oui je viens de dire ça) pis t'as le trou de cul en d'sour du bras (ça s'améliore pas hein?). Tu bois ton café aussi noir que tes cernes et que ton âme combinés ensemble, pis quand tu te lèves le matin, ça te prendrait un café pour te faire ton café.



T'arrêtes pas de rêver que tu travailles. Le pire là-dedans c'est que quand tu te lèves, c'est comme de refaire ta journée de job une deuxiéme fois. On dirait que même ton subconscient fait exprès pour te faire chier.


T'as pu de patience, toute t'énarve. C'est rendu que tu t'énarves toi-même, c'est du sérieux. T'es tellement intolérant que juste le bruit du frigidaire te tombe sur les nerfs pis si par malheur la porte ferme pas bien tout d'un coup, c'est assez pour te donner l'goût d'sacrer.


T'as changé tes priorités. Asteur tu gardes tes efforts au level minimum. D'habitude c'est rangé chez toi, mais là tu te dis "fuck it" y'a même une colonie de lémuriens qui a établi campement dans la pile de linge propre sur ta table. Ta négligence s'étend même plus loin que ça, c'est rendu que tu te fais systématiquement une couette molle sur la tête pour éviter d'avoir à te coiffer avant de te rendre au boulot, pis je t'ai vu remettre deux fois le même chandail la semaine passée. Au yâbe le look, c'est trop forçant.


Tu vas travailler à reculons. Littéralement, en sortant de chez toi, t'as aucunement envie de mettre un pied devant l'autre pis ta tête pointe encore la direction de ta porte une fois rendu au travail juste parce que c'est là que tout ton corps a envie de se diriger. Fais quand même attention pour pas débouler les escaliers, on voit moins bien quand on marche à l'envers.



T'as repoussé ton réveil matin au plus tard que tu pouvais te permettre, tellement que si un matin tu brûles une de tes toasts, ça va te foutre en retard de t'en refaire une autre. Toutes tes minutes comptent.


T'as mal partout, sans aucune raison valable. C'est pas comme si t'avais fait un marathon, t'as clairement pas l'énergie pour ça. C'est rendu qu'il te sort des bobos randoms, tu te demandes si t'as un rhume, une gastro ou si c'est pas simplement la mort qui te guette si tu continue de même parce que tu pognes tout ce qui passe. C'est pas des farces, c'est rendu que tu fais du bruit quand tu t'assoies ou que tu te lèves, on dirait que t'as 156521 ans.


Tu hais tout le monde qui part ou revient de vacances. C'est plus profond que de l'envie, quand ils te montrent leurs photos de voyage t'as juste le goût de leur faire bouffer. Jamais la vision d'une plage en Gaspésie n'aura suscité autant de rage.



Tu t'es fait livrer du ti-poulet Benny deux fois cette semaine, parce que t'étais juste trop épuisé pour te faire à souper. C'était ça ou ben du chef Boyardee frette à même la canne. Tu peux ben avoir un drôle de teint.


Chaque fois que tu vois ton chat étendu sur le sofa, tu rêves d'inventer la machine qui va te permettre d'échanger de corps avec lui. Tu l'enverrais bien travailler à ta place pendant que toi tu te prélasses dans ton rayon de soleil. Anyways t'es tellement rendu vedge que personne remarquerait la magouille.



T'as même pas lu les plus récents billets de la Serveuse du Nelligan's parce que t'étais trop lazy. Faut sérieusement que tu fasses quelque chose pour te ressaisir, tu te reconnais pu.


Haha! J'espère que tu me prends pas trop au sérieux avec mes histoires, j'en suis vraiment pas rendue là encore, mais c'est toujours drôle d'amplifier pour ce genre de chronique. Sur ce, moi j'men va chiller au gré de mes humeurs. Mon plan c'est un pas-de-plan, j'va suivre mes pieds ça a d'l'air qu'ils connaissent le chemin.


Bonne semaine!








© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's