C'tune fois un gars, comprends-tu?

À toi qui me suit chaque semaine depuis plus ou moins longtemps, j'ai décidé de t'offrir quelque chose qui ne m'appartient pas. Tu as sûrement vu passer il y a deux semaines une petite annonce de ma part qui demandait aux gens de me communiquer leurs récits précieux et leurs histoires loufoques de bar (ou de restauration en général). Eh bien, figure-toi donc que j'ai reçu de succulentes histoires toutes plus variées les unes que les autres. Pour raconter ces anecdotes, j'ai décider de remâcher les mots que m'avaient généreusement envoyés mes bénévoles dévoués. Alors voici ce qui m'a été raconté de meilleur (à mon humble avis, ne m'en veux pas si j'e n'ai pas choisi ton anecdote personnelle).




C'tune fois un gars comprends-tu, qui était au bar le Sacrilège sur la rue St-Jean. Semble-t-il qu'il s'était bien enivré et qui plus est, qu'il avait décidé de se lâcher lousse sur la cruise. Le voici donc au bar, un peu (probablement beaucoup) chaudaille et qui décide de prendre son courage à deux mains et d'aborder une demoiselle un peu amochée, affalée sur une table. Ça fait que le gars, comprends-tu, il essaie d'offrir un verre à ladite fille. L'histoire se termine rapidement, puisque la fille en question, c'était un.... MANTEAU. (Haha, j'ai beaucoup ri, merci beaucoup à Julie M. qui m'a partagé en commentaires ce doux récit qui m'a fait rire aux éclats).


C'tune fois une fille comprends-tu, qui venait de mettre au monde un (sûrement fabuleux) poupon. Ce n'est certainement pas proscrit de dire que les nouvelles mamans, elles produisent du lait. Ben voilà que ladite fille, qui tentait de séduire le sexe opposé qui s'était posé au bar autour, avait eu la charmante idée de se pincer la poitrine pour envoyer des projectiles de lait sur les garçons à sa portée. On ne m'a pas raconté jusqu'où ses envois se rendaient, mais on m'a raconté que ses tentatives avaient porté fruit et que l'histoire s'était consommée directement dans le bar en question. Pour des raisons évidentes, je ne nommerai pas le bar, je n'entrerai pas dans les détails, mais je remercierai simplement la belle Alexe qui a bien voulu me partager cette succulente (not) tranche de vie sur mon blogue.



On m'a également raconté, une autre fois, qu'un fromager qui était nouvellement papa avait déjà produit une batch de fromage de lait maternel humain et qu'il l'avait fait goûter à ses amis qui étaient venus chez lui en visite pour un repas... sans leur dire. C'est un yay ou un nay pour toi? Haha.


Une nouvelle cliente du Ste-Angèle me raconte que lorsqu'elle s'est rendue sur place la première fois et a dû emprunter les toilettes, elle a maladroitement trébuché lors de sa descente dans la salle (les toilettes sont à l'étage et l'escalier est sombre et abrupte). Pour justifier sa chute au barman qui la regardait ahurit, la seule chose qui est sortie de sa bouche était "Mais c'est quoi l'idée de mettre un escalier roulant dans un bar?!". Haha ! Merci Suzie pour ton humilité sincère! C'est délicieux de pas trop se prendre au sérieux.


La même personne me raconte également qu'une fois, au pub Chez Girard (lire ici une taverne vieillot plutôt cool sur la rue St-Vallier Ouest, dans la basse-ville de Québec où ils ont encore un foyer au bois fonctionnel l'hiver) son ami qui l'accompagnait semblait avoir disparu. Ne le voyant nulle part et le croyant déjà parti, elle avait décidé de vaillamment rapatrier ses affaires personnelles (manteau d'hiver, cellulaire, pis toute) à la maison pour ne pas que le tout se retrouve perdu on ne sait où. Ben le gars en question a été retrouvé par le barman, endormi sur le bol de toilette et a dû rentrer chez lui sans manteau ni rien, en hiver. J'imagine que sa fin de soirée a dû être un peu frisquette!




Une personne près de moi et possédant un restaurant m'a raconté qu'une fois, un client avait un peu abusé du vin et avait été victime d'une E.C.S (envie de chier subite, HAHA!) Ayant bien du mal à se rendre à la salle de bain, l'aventure avait été périlleuse. Je n'entrerai pas dans les détails, mais tentant tant bien que mal de ramasser ses dégâts festifs, le client en question avait réussi à reproduire une oeuvre d'art abstraite dans les toilettes, répandant au passage des effluves de cadavres en putréfaction et des coloris aux agencements discutables. La cabine en question avait d'ailleurs due être condamnée le temps que tout soit rentré dans l'ordre. Je n'aurais vraiment pas voulu être la personne responsable du ménage... *tousse*


Dans un tout autre ordre d'idées que les bars (et je tiens à mentionner que les témoignages qui m'ont été offerts par cette succulente collaboratrice auraient pu à eux seul occuper un billet complet de mon blogue tellement ils étaient excellents), une agente de bord à bien voulu me révéler quelques secrets à elle. Je me vois d'ailleurs dans l'obligation de mentionner que quand on se compare, on se console et que mes clients à moi, quand il me font des sales coups comme ceux qui lui ont été faits à elle, je peux toujours les foutre dehors. C'est moins évident de kicker out le monde trop chaud quand t'es en altitude dans une cage fermée!




C'est donc une fois une dame, comprends-tu, qui avait décidé de s'offrir des petites vacances quelque part pour se changer de la routine. Ça fait que pour se rendre loin loin, elle a dû prendre l'avion. Mais là dans l'avion, comme elle était un peu stressée, elle a décidé de s'envoyer quelques petits cocktails pour décompresser. L'alcool ayant un effet plus intense en altitude (je ne savais pas ça, d'ailleurs, j'en apprends chaque jour), la voici un peu ramollie et elle s'endort... Pour ensuite se réveiller un peu désorientée. Constatant que les hublots n'offraient pas de sublimes paysages comme dans les films, elle appuie sur le bouton pour appeler l'agente de bord pour se plaindre. C'est donc à travers les bruits de moteurs intenses qu'elle demande, le plus sérieusement du monde, pourquoi l'avion s'est arrêté en vol, s'expliquant mal que les images ne défilaient plus dehors puisque le hublot était noir. Plus d'image, plus de mouvement, c'est bien connu... La réponse fut simpliste (mais tout à fait justifiée) : "Mais c'est qu'il fait nuit, madame".


Voici d'ailleurs un passage mot-à-mot de cette même collaboratrice. J'avais toujours travaillé en service à la clientèle mais dans l'avion, c'est "on steroids". Tu peux pas t'échapper, y'a des incidents médicaux et plein d'autres choses qui te rentrent dedans. Tu croirais pas le nombre de fois que je me fais vomir dessus. Ben chapeau fille, moi je t'admire beaucoup et je te souhaite tout un tas de clients sages et bien éduqués. Au diable ceux qui croient que dans un tout-inclus, l'agente de bord vient avec le mini-bar. Learn how to behave before leaving home!


La majorité des récits rapportés étant plus ou moins racontables (j'ai déjà suffisamment de scandales à mon actif avec mes ardoises au bar, haha), je tiens quand même à dire que j'ai eu un immense plaisir à recevoir ces histoires et que n'importe quand, je suis toujours réceptive à ce genre de partage. Je me répète, mais... quand on se compare, on se console.




J'en profite pour remercier chaleureusement ma clientèle en or d'être aussi agréable à servir et d'enrichir ma vie au lieu de la pourrir. C'est si bon de vous avoir dans ma vie et sachez que je suis consciente de la chance que j'ai d'être aussi gâtée par la qualité de mes habitués.


À toi mon lecteur fidèle, j'espère que cette chronique, bien qu'un peu censurée, t'aura quand même entertainé pendant que tu prenais ton petit café dominical. J'aurais bien voulu te raconter plus de choses, mais j'ai quand même un peu de retenue. Le but c'est jamais de t'écoeurer tsé, j'ai juste envie de te divertir et j'espère avoir un peu réussi sans te répugner en m'appropriant les récits qui m'ont été partagés.


Bon dimanche, much love.


Un merci tout spécial à tous ceux qui ont bien voulu me raconter leurs différentes expériences. Vous êtes beaux, vous êtes bons, vous êtes capables, pis en plus, j'vous aime ben ben fort.





© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's