Doux printemps, quand reviendras-tu?

Je t'ai dit y'a quelques mois que j'aimais pas tant ça l'hiver, mais que je m'efforçais d'être positive. Ben là, je pense que j'suis juste pu capable, pis je suis pas mal certaine que j'suis pas la seule. Chaque grain de neige qui tombe du ciel me fait soupirer (okay, faut pas charrier non plus là, je le fais dans ma tête), si bien que cette semaine, je vais encore une fois traiter de météo. Pas l'choix.





Faut que je t'avoue que je trouve ça un peu pathétique les gens qui font des posts météo sur Facebook (par exemple) ou ceux qui te disent systématiquement, chaque fois que tu les vois "Y fait pas beau hein?". Ils ont l'air de penser que tu t'en es pas rendu compte pis que c'est vraiment nécessaire de t'en parler, comme si t'étais un peu retard pis que sans eux t'arriverait jamais à savoir quel temps y fait. Ben tu vois, aujourd'hui je serai pas mieux que ce monde-là, moi aussi faut j'te parle du temps qu'il fait.


CHU. PU. CAPABLE. DE. LA. NEIGE. J'ai vraiment hâte de sortir sans manteau, de mettre des petites robes pis de me faire pousser les freakles (check-moé ben en pleine canicule affirmer que je viens de découvrir une nouvelle zone sudoripare et m'en plaindre, haha). Pour rigoler un peu, j't'ai préparé un (autre) top ten des signes que toi aussi, t'en peux juste pu de l'hiver.




1. Tu t'es demandé sérieusement si c'était possible de chauffer le dehors. Tsé comme dans la chanson de Louis-Jean Cormier là, "Et si tout le monde en même temps, ouvrait sa fenêtre..." (petit aveu, je tripe sur Louis-Jean depuis Karkwa et j'adore ce qu'il fait aujourd'hui. En plus on va se le dire, yé soooo sexy). T'as même mis au point un plan électoral pour réaliser ton délire pis tu t'es dis que t'allais te faire élire en présentant un projet pour l'abolition de l'hiver. C'est sûr que tout le monde serait ben d'accord à l'effet de débourser quelques piasses pour en couvrir les frais. Manon for president, vas-tu voter pour moi?


2. Tu glow in the dark. Vestige de St-Pat et vieux restant d'hiver, ton teint est aussi vert que devraient l'être les bourgeons (qui ne sont pas encore sortis, viarge). C'est rendu que t'es tellement blanc qu'ont voit toutes tes veines à travers ta peau. Yé plus que temps qu'il se passe quelque chose parce que tu vas devenir aussi transparent qu'un bébé méduse.




3. Tu commences à t'inquiéter. Tu te dis que peut-être cette année, l'été arrivera jamais. Après toutes ces années de bons et loyaux services, y'a callé malade pis y viendra pas. Épuisement professionnel, yé parti en sabbatique se changer les idées pis sa destination était clairement pas le Québec. Tu peux même pas lui en vouloir, toi aussi t'as juste envie de sacrer ton camp dans l'sud, avoue.


4. T'as pensé à faire fondre la neige avec ton séchoir à cheveux. Tu y as pensé, même si tu sais que c'est pas une solution envisageable. Tu l'sais que c'est aussi débile que le monde qui arrosent leur asphalte l'été, mais t'es tellement à boute que ton cerveau propose des choses qui sont contre tes principes juste pour essayer de se faire un peu de bien. Faque c'est ça, si tu me cherches, je passe mon dimanche après midi dans ma cour à faire fondre la neige. Si jamais tu veux me rejoindre sens-toi bien à l'aise, quand on est deux ça va deux fois mieux!




5. Tu regrettes de ne pas être un ours. Tu te verrais très bien dormir tout l'hiver et t'éveiller au printemps avec un trip-de-bouffe monumental. Tu songes clairement à en faire ton animal totem, tellement que tu t'es pas épilé les jambes de l'hiver en te disant que c'était une perte de temps et que ta fourrure te garderait au chaud (haha! Je ris toute seule, c'est juste des blagues là, tsé).


6. T'es rendu à ton 182735e rhume. En fait c'est bien pire que ça, tu te demandes si c'est pas simplement le premier de l'hiver qui est juste jamais parti complètement. Who knows, rendu là tu t'en sacres un peu, tu considères que c'est un état permanent pis tu t'es résigné. T'es wise. T'as pris un abonnement chez Kleenex pour jouer safe, c'est rendu qu'ils te livrent ça direct chez vous.





7. T'as envie de coller des fausses feuilles aux arbres. Tu serais sérieusement prêt à le faire pour les arbres qui sont devant ta fenêtre de chambre, juste pour te donner un break deux minutes. Ça te prendrait bien toute une journée, pis ça serait exigeant comme effort mais tu t'en fiches parce que ça te ferait du bien. T'es rendu convaincu que ça vaudrait le coup, tellement t'es désespéré.


8. T'es sûr que c'est un complot des grosses industries. C'est connu, le monde malheureux, ça dépense plus. Ça essaye de compenser son mal-être en achetant des cochonneries, pis ça, c'est bon pour la business. T'es tellement écoeuré de la neige que t'es rendu parano. Dans ta tête c'est clair, c'est une conspiration de la société de consommation pour te faire loader tes cartes de crédit. Même si l'argent ne fait pas le bonheur, t'as compris que ça rendait le malheur plus confortable. C'est pas mal moins plate d'être malheureux en conduisant une Ferrari qu'une vieille Civic rouillée, tsé.




9. T'as déjà rangé ton coat d'hiver. Tu connais le vieil adage qui dit "en avril ne te découvre pas d'un fil", mais ça aussi, ça te passe dix pieds par dessus la tête. Depuis qu'il y a eu quelques journées douces, t'es dans le déni ben raide. T'as frette, tu le sais, mais tu te mens pareille en te disant que t'es ben correct de même. Yé pas question que tu ressortes ton North Face avec du pwel autour d'la capine avant l'année prochaine, tu te l'es juré. T'es pas le genre à revenir sur tes décisions, t'es quelqu'un de parole toi. Tu tiens ton boute, c'est ton honneur qui est en jeu!


10. T'as des envies de meurtre. C'est clair que tu connais un fatiguant qui tripe sur l'hiver, pis qui est ravi de poursuivre sa saison de snow un peu plus longtemps. Tu t'es même imaginé plusieurs fois lui défoncer la gueule avec sa planche, mais tu t'es retenu parce que t'es contre la violence. Tu commences par contre à avoir peur de ne plus être en mesure de contrôler tes bas instincts et ce, malgré toutes tes bonnes valeurs. Cette semaine t'as le self-control fragile. Le prochain qui te dit que "c'est donc beau la neige" s'expose au risque de manger ta main dans face. C'est dit.




On rit bien, mais n'empêche, j'suis vraiment tannée. J'espère que si t'es dans la même situation que moi, mon texte du jour t'aura au moins permis de rire un peu. Lâche pas, ça d'l'air que ça s'en vient... Ah pis pour te faire un petit cadeau, j'te laisse avec cette sublime comptine Québécoise qui est je crois, plus qu'appropriée.


Doux printemps, quand reviendras-tu?

Faire pousser les feuilles, faire pousser les feuilles.

Doux printemps, quand reviendras-tu? Faire pousser les feuille pour que j'me cache le cul.





© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's