Du monde! C'est évident!

Quand on me pose la question "Qu'apporterais-tu sur une île déserte" la réponse me semble bien évidente (pas qu'on me pose cette question si fréquemment non plus, ça serait un peu weird "Salut Manon ça va? T'apporterais quoi toi sur une île déserte?"). On s'est tous déjà demandé de quoi on serait incapable de se passer, pis pour moi c'est vraiment facile de mettre le doigt sur une affaire. C'est toi. En fait pas juste toi, mais toi, toi, toi pis toi aussi. Sur une île déserte, j'apporterais DU MONDE!



Je pense que ma plus grande dépendance dans la vie, ce sont les gens. J'ai pas vraiment choisi mon métier, c'est plus lui qui m'a choisi pis asteure j'ai peine à m'en passer. L'humain représente un ensemble de force et de faiblesse accompagné de savoir et d'ignorance qui m'intrigue par sa complexité. L'Humain est capable du pire, mais également du meilleur et c'est surtout ce côté là qui m'intéresse.



Pour revenir au côté plus classique/pratique de ce que j'apporterais sur une île déserte, il y a évidemment mon couteau. J'ai un très joli petit Opinel qui m'avait été offert en cadeau il y a déjà quelques années et auquel je tiens énormément. Évidemment, c'est une pièce de bonne qualité, mais c'est aussi que depuis que je l'ai reçu, il ne m'a jamais quitté. Je l'ai en permanence sur moi, comme un objet rassurant. Qu'il me serve à ramasser des champignons, couper mon fromage dans un parc, me préparer un pic-à-guimauve sur le bord du feu ou à couper mon steak drette à maison, c'est un objet précieux avec une efficacité remarquable. Si jamais tu te magasines un bon couteau de poche, je te suggère fortement ce modèle (deux autres copains à moi en ont un et semblent l'apprécier tout autant que moi). En plus, avec le beau manche en bois, si jamais tu chavires dans ton canot, tu vas le voir flotter plus loin, pas plate.




Y'a un autre objet aussi que j'apporterais sur une île déserte, mais qui est vraiment pas chic-chic. C'est ma casquette moustiquaire. Tsé, la pièce de vêtement la moins glamour du monde. On va se le dire, c'est clairement pas quand je porte ça que tu vas me trouver élégante, mais vois-tu c'est que j'ai un drôle de problème pour une abitibienne de souche. Je ne tolère pas les piqûres de fameuses "mouches noires". Je peux me faire piquer par une guêpe et réagir à peine (bon okay, ça fait mal en taaaa mais la trace ne paraît plus après quelques heures), mais si j'ai le malheur de me faire mordre par une mouche noire, c'est impressionnant. Ça fini toujours en espèce de grosse bosse bleue-mauve, comme si tout le sang que la mouche devait sucer était resté pogné à l'intérieur. Si j'ai le malheur de me faire piquer près d'un oeil, c'est le black eye assuré. Tout ça pour dire que l'été, pour me protéger du soleil, mais surtout des piqûres, ça se peut vraiment beaucoup que tu me vois parcourir la forêt avec ma casquette-à-net dans face. C'est pas ben beau, mais maudine que c'est efficace.




Sur une île déserte, j'apporterais également du papier et un crayon. Je pourrais écrire mes idées, mais surtout, je pourrais envoyer un message à la mer dans une bouteille (même si je l'ai pas apportée encore celle-là, y'a tellement de cochonneries dans l'océan que dans mon imaginaire il y en aurait probablement une qui traînerait sur la plage quelque part). J'y écrirais probablement quelque chose du genre "Salut, je suis stuck sur une île mais comme je suis pourrie en géographie, je n'ai aucune idée d'où je suis. Dites à ma mère que je vais bien, pis venez-donc me chercher quand vous aurez deux minutes".


Pour une raison évidente, j'apporterais une lampe-dynamo. J'en avais une sur mon vélo quand j'étais petite (ben oui, j'ai déjà été petite tsé, même si c'est dur à croire avec mon 6 pieds actuel) pis j'aimais donc ben ça pédaler non-stop juste pour voir la lumière que ça produisait. En plus ça faisait un petit bruit de friction qui me donnait l'impression de rider une motocyclette au lieu d'un vélo CCM acheté au Canadian Tire d'Amos.




Sur mon île, j'apporterais aussi ma brosse à dents. Je suis le genre de personne que ça dérange vraiment beaucoup de ne pas avoir les dents brossées. Pire que ça, je suis le genre de personne que ça rend complètement inconfortable d'avoir quelque chose de pris dans les dents. Là tu dois te dire que c'est normal, que personne aime ça avoir de quoi de pogné dans les dents, mais moi ça frôle le trouble obsessif. Impossible pour moi d'aller à une épluchette de blé-d'inde sans soie dentaire ou brosse à dents (idéalement les deux), ça me rend tellement mal d'avoir la dentition encombrée que j'en deviens limite agressive à l'intérieur. Ah pis c'est un peu hors sujet, mais pendant que j'y suis, si jamais tu me vois avec un pied de brocoli de pris entre les dents, ça serait smatte de me le dire. J'me fâcherai pas, je vais même te remercier de me l'avoir dit. C'est tu assez poche quand tu rentres chez toi tard le soir, pis que tu remarques que t'as un gros grain de poivre de pris entre les deux palettes depuis probablement l'heure du souper puisque t'as rien mangé d'autre depuis, mais que personne a osé te le dire. Faque c'est ça, merci d'avance.




Autre produit miracle que j'apporterais sur une île, ce sont les pains de shampoing bio. Si t'es fan de camping pis que tu connais pas ça, je vais te créer un nouveau besoin. C'est comme une barre de savon (tu peux d'ailleurs l'utiliser comme tel, et ne traîner qu'un seul produit pour tout faire) que tu peux frotter sur tes cheveux pour les nettoyer. Ça mousse en fou, c'est super doux pour tes cheveux, ta peau et comme c'est sans phosphate ni parfum artificiel (ni rien de nocif d'ailleurs), tu peux l'utiliser en nature sans avoir peur de souiller l'eau des rivières ou de nuire aux animaux de la forêt. Si t'as envie d'essayer, je te suggère d'acheter les produits de la boutique Beauté Crêpue sur Etsy. Voici un lien vers mon petit préféré, la barre de shampoing à la noix de coco. Ça fait des beaux cheveux doux, ça sent bon (encore faut-il aimer la noix de coco, celui au miel sauvage est vraiment chouette aussi) pis ça prend très peu de place dans tes bagages. L'essayer c'est l'adopter!


J'apporterais aussi une pierre à feu. Pas un briquet, pas des allumettes, mais une pierre à feu. Le genre d'affaire qui te laissera jamais tomber, peu importe la température, les imprévus pis toute. Si j'avais encore le droit d'apporter autre chose, ça serait ma canne à pêche avec des hameçons. Je ne suis pas une très bonne pêcheuse, mais j'apprécie beaucoup les petits moments où je lance ma ligne à l'eau et que j'attends nerveusement qu'il se passe quelque chose. En plus, pêcher (quand on est pas en mode survie entoucas) c'est tellement zen. T'as beau avoir les meilleures techniques, la meilleure gear pis le meilleur spot, tu n'as aucun contrôle sur ce qui mord ou pas. C'est vraiment agréable de s'adonner à une activité qui demande autant d'abandon. Faut faire confiance à la rivière, pis c'est le parfait prétexte pour prendre le temps de siroter une bière en posant ses fesses sur une roche ou une souche. Bref, c'est nice.




Tu vas trouver qu'il manque quelque chose dans ma liste. De l'eau. Quand je fais du camping j'apporte une pompe avec un filtre au charbon pour ne pas à avoir à traîner des lourds contenants d'eau potable. Je me sens toujours importante quand je dis aux amis "attendez-moi un peu, je vais faire de l'eau". L'eau c'est la vie, j'espère profondément qu'il y aurait une source d'eau potable sur mon île.


Comme dernier item, un peu moins nécessaire mais oh combien agréable à avoir sous la main, j'apporterais une bouteille de whisky. Je vais reprendre les paroles du célèbre alcoolique Winston Churchill en disant "J'ai toujours sur moi un flasque de whisky au cas où je me ferais mordre par un serpent, et juste au cas je traîne toujours aussi un petit serpent". Bon, j'suis pas certaine que le whisky possède les propriétés nécessaires pour guérir des morsures de serpents, mais comme c'est loin d'être plate d'en prendre une gorgée de temps en temps, je traînerais un flacon avec moi (et s'il pouvait avoir la propriété magique de se remplir tout seul, ça serait vraiment priceless).




Mon billet du jour est un peu sorti de nulle part, mais l'idée m'est venue lorsque j'attendais mon lift la semaine dernière, sur le coin de ma rue. Le soleil me chauffait le visage (y'a une bonne partie de l'hiver où même le soleil est froid, genre) et ça a fait frétiller mes bourgeons intérieurs. J'ai tellement hâte au printemps pour pouvoir aller dormir dans le bois sans avoir à me geler le cul (oups, j'ai dit cul). J'en peux plus de la neige, j'ai le teint tellement pâle que j'glow in the dark.


Vivement la chaleur, les p'tites shorts pis les gougounes.


Bon dimanche!



P.-S. Les photos que tu vois sont de magnifiques souvenirs pour moi, j'espère que tu apprécies!







© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's