Inédit

Ça va faire bientôt un an que je t'écris tous les dimanches (j'ai commencé en février 2016!). J'te parle de moi, de ce qui se passe au bar, des gens que je rencontre, de ceux que j'aime, de ceux que j'aime moins, de mes peurs, de mes angoisses, de mes souvenirs, de mes bons coups pis d'un paquet de niaiseries qui me viennent en tête sur le moment (si la cadence se maintient, tu vas te ramasser avec ma recette de sauce à spag d'ici quelques mois). Bref, si tu me suis depuis le tout début de mon aventure de La Serveuse du Nelligan's, tu dois commencer à connaître beaucoup de chose sur moi. En juin dernier, j'avais écrit un billet pour te parler des choses un peu étranges qui me caractérisent et pour continuer sur cette lancée je vais t'en révéler d'autres que tu ne sais probablement pas, encore aujourd'hui.



Je souffre du "syndrome de l'imposteur". Bon c'est de l'autodiagnostic pis c'est clairement une version soft de la vraie patante, sachant que ceux qui en sont affligés souffrent d'une grande angoisse, mais pareille, je t'explique. Peu importe ce que je réalise, j'ai du mal à croire que c'est parce que je le mérite. Je trouve toujours que si j'ai du succès, c'est simplement parce qu'il y a une immense part de chance là-dedans. Je pense que c'est parce que je connais les bonnes personnes, que le timing était bon pis j'ai toujours derrière la tête la petite crainte flottante de ne pas être à la hauteur. Par exemple, quand je t'écris chaque semaine (bon ça s'estompe un peu avec le temps, j'ai pas tout perdu) j'ai toujours peur que tu trouves ça poche, que tu te dises que j'sais pas écrire pis que j'devrais laisser les vrais écrivains faire leur job au lieu de m'improviser blogueuse. Tu dois te souvenir qu'il y a pas si longtemps j'abusais un peu du "je m'excuse si t'aimes pas ce que je te dis", pis c'était aussi l'époque où je pouvais penser aux messages haineux que je recevais pendant des jours tellement j'en étais atteinte. Heureusement, time flies, pis avec ton soutien j'ai réussi à me calmer les nerfs (un petit peu, au moins).


Si tu veux savoir si tu es atteint toi aussi (pis ça vaut c'que ça vaut on va s'le dire), tu peux essayer ce petit questionnaire-là.




Je me brosse les dents à l'eau tiède (pis des fois même, chaude. Rassure-toi, j'la bois pas). Je sais pas trop quand j'ai commencé à faire ça mais maintenant c'est devenu une habitude. J'ai pas besoin de m'étendre sur le sujet plus que ça, j'pas mal sûre que tu comprends que ce paragraphe-là a pas pas rapport.


Ma voiture est manuelle. Quand j'ai acheté ma première voiture, je sais pas pourquoi, mais j'me suis dit que j'la voulais manuelle (et j'ai donc appris sur le tas). Maintenant, quand je conduis une voiture automatique faut que je me parle parce que je suis limite dangereuse. Il m'est arrivé d 'enfoncer la pédale du frein en pensant que c'était la clutch et ça a bien surpris les passagers (pour dire, quand tu mets ton pieds sur la clutch, tu y vas pas molo, c'est brutal quand je fourre les breaks avec cette intensité sans le vouloir).




Je pourrais me nourrir uniquement de pizza et de pâté chinois pour des jours. Sérieusement, si c'était sain d'en manger non stop, je pense que c'est ça que je ferais. Mais bon, je sais aussi que mon corps a d'autres besoins et je m'alimente bien, je varie, j'aime les fruits pis toute.


Je connais tous les épisodes de La Petite Vie par coeur. C'est ma télé-série québécoise pref et j'ai acheté le coffret y'a quelques années. J'ai regardé chaque épisode au moins 30 fois (ce n'est même pas de l'exagération) et je connais pas mal toutes les répliques. Cette émission me fait revenir directement en enfance et dès que j'entends les premières notes de piano de la toune d'intro, je me sens presqu'aussi bien que quand j'étais assise sur le divan de ma mère avec mes frères, prête à manger un Joe Louis en rigolant. Chaque fois que je suis malade, je sors un DVD et je me remet dans cet état d'esprit de bien être pur. Plus je vais mal, plus il y a de chances que tu me retrouves sur mon divan, enroulée dans une couverte en train de regarder Thérèse rater son pâté-chinois.




Je déteste remettre la même paire de bas deux fois. Même s'ils ont été portés juste deux minutes, j'aime pas ça (mais j'le fais pareille là, j'pas siiii capotée). J'aime les bas tight et dès qu'ils ont été portés, ils deviennent slaque (okay, j'admet, ce paragraphe-là aussi a pas rapport).


J'angoisse si je n'ai pas mon trousseau de clés dans ma poche en travaillant. Des fois je m'en sépare pis ça me fait capoter de pas les avoir sur moi, même si ça dure juste quelques instants. Aussi, parlant de clés, peu importe combien je fais attention à l'état de mon trousseau, il y a toujours une clé mystérieuse qui ouvre quelque chose dont j'ai aucune idée. Depuis le temps, j'espère que c'est la clé qui ouvre un coffre aux trésors, ça serait plate de l'avoir gardée tout ce temps pis de se rendre compte que c'est la clé du cadenas du vélo que je me suis fait voler en arrivant à Québec.




Je cale mon café. J'ai comme une maladie mentale (je dis ça avec humour, j'suis pas en train de rire de la maladie mentale) qui fait que je trouve le café soit trop chaud ou soit trop froid, pis le moment où il atteint une température qui me semble idéale dure 0.34 secondes. Je peux le boire quand il est trop chaud, mais impossible de le boire lorsqu'il est trop froid (pour une raison obscure, le café froid me répugne vraiment beaucoup, genre je mangerais un oeuf cru avant de boire un café froid) alors quand la température est bonne, je me le siffle pas mal vite et ça surprend toujours les gens autour.


J'aime ça avoir la paupière qui tilte. Je sais, ça énerve tout le monde, mais moi, j'adore ça. On dirait que ça me détend, mais je peux pas expliquer pourquoi je trouve ça confortable. Anyways, c'est d'même.




Je fais souvent le même rêve dans lequel je me retrouve avec un bébé à ma charge, sans toutefois avoir aucun matériel pour en prendre soin. J'sais pas comment ça arrive, mais bang, j'ai un bébé dans les bras pis y'a pas de couche, de vêtement ni de biberon. Je passe alors une partie de mon rêve à tenter tant bien que mal de lui fabriquer une couche et un pyjama avec mes propres vêtements tout en angoissant au max à propos du lait que je n'ai pas pour le nourrir. Heureusement pour moi, le bébé dans mes rêves y'é vraiment docile pis ça a pas l'air de le déranger d'être enroulé dans mon chandail au lieu d'avoir du linge pour lui. Plus smatte que ça, y pleure pas même si j'ai rien pour le nourrir.


J'espère que mes impertinences dominicales t'ont pas trop inquiété, tu dois ben commencer à savoir que j'suis weird depuis le temps! Si tu savais pas, ben atèle-toi parce que c'est très improbable que ça s'améliore (haha!). Sur ce, je te souhaite un magnifique dimanche, que le café abonde et que ton coeur soit bien au chaud!


À la semaine prochaine!


© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's