Toé, toé pis toé.

Suite au succès que j'ai obtenu en publiant mon top ten des clients difficiles à endurer la semaine dernière, j'ai décidé de continuer sur cette lancée en te parlant des "stéréotypes" de clients qui fréquentent les bars. Messemble que c'est la suite parfaite à mon dernier billet. J'ai choisi d'utiliser le masculin (encore une fois), mais juste au cas, je prends la peine de préciser que les descriptions suivantes s'appliquent très bien aux deux sexes. Ah pis comme d'habitude... c'est à prendre avec un grain de sel. C'est rien de méchant, c'est juste pour rigoler. Allez hop!




1. Le chaud raide. Toi t'es facile à reconnaître parce que dès la première commande que tu passes (ou que t'essaies de passer), tu parles déjà en lettres attachées. Tu t'es clairement starté à la mitaine pis t'es facile à spotter au Nelligan's parce que tu dois monter un escalier direct en rentrant. Quand j'te vois te tenir après la rampe pis que je constate que même avec ce support-là, la gravité semble pas être de ton bord, j'me dis que même si t'as le look d'un astronaute, c'est pas chez nous que tu vas boire ton verre de trop. C'est ben plate que t'aies mis autant d'efforts à te rendre au bar parce que y'a zéro chance que j'te serve (même si tu m'insultes et me cries des noms). Go home, you're drunk. (Merci Karl Levasseur pour la suggestion)




2. Le psychopathe. Parmi toutes les personnes différentes qui grouillent dans mon bar, toi t'es le seul que j'ai d'la misère à sizer. J'ai beau être forte pour analyser les gens, toi j'pas capable de te cerner. T'es toujours tout seul, tu dis jamais un mot (même si j'ai tenté plusieurs fois d'établir contact) pis on dirait que ça fait des mois que ta face a pas eu une émotion. Quand j'te regarde boire ton verre en silence avec ton regard froid, j'espère juste que t'es pas en train de te demander si mon 6 pieds rentre dans la valise de ta Tercel.




3. Le dormeur. Toi, tu me fais vraiment beaucoup rire. Quand t'es entré j'aurais pas pensé ça de toi. Tu te tenais pas après la rampe pis tes phrases avaient du sens, sauf que ça t'as pris juste trois gorgées de ta bière pour passer out direct sur le bar. J'imagine que t'as eu une grosse semaine, mais qu'en sortant du boulot, t'as eu une conversation avec toi-même. Même si ton petit ange avait envie d'aller faire dodo, le petit diable parlait plus fort et ses idées te semblaient clairement plus plaisantes. C'est pas grave que tu te sois endormi tsé, j'attendais justement que tu fermes tes yeux pour te raser les sourcils (haha!).


4. Le toxico. T'es clairement high. Tu te bouffes les dents pis tu tiens pas en place sur ta chaise. On dirait que t'es un fugitif, chaque personne qui passe près de toi te fait sursauter. T'as des spasmes étranges, tes mains tremblent tellement que t'as renversé ta bière trois fois avant la première gorgée, pis je t'ai vu descendre aux toilettes cinq fois en dix minutes. T'es louche, ta présence me rend mal à l'aise. Si tu pousses ta luck un peu trop loin et que tu oses me demander si j'ai d'quoi à vendre, je vais te montrer la porte du doigt sans même broncher. C'est un bar ici, pas une piquerie.




5. Le chanteur (a.k.a. le singe hurleur). T'as le beat dans le sang. C'est plus fort que toi, faut que tu chantes. Tu connais toutes les tounes, pis j'pas mal sûre que si y'avait du karaoké, tu serais le premier à embarquer sur le stage pis le dernier à le quitter. C'est plate que tu chantes si mal, parce que t'as l'air d'avoir beaucoup de fun. Si j'avais un peu plus de gutz, j'te comparerais au petit Jérémie (mais je voudrais pas me faire poursuivre pour une blague de mauvais goût, faque j'ferai pas ça, *tousse*).


6. L'over sappé. Si j'te disais que t'es sur ton trente-six, j'aurais l'impression que c'est pas un assez gros chiffre. Toi tu t'es fringué pour un mariage, mais finalement t'es juste venu boire d'la bière au Nell. T'es pas mal beau, mais tu clash un peu dans le décor (pis prends pas ça négativement, parce que j'apprécie beaucoup ton côté swell).




7. La chienne à Jacques. T'es comme l'anti numéro six. Coup donc, t'es-tu déguisé en hobo? On t'a jamais dit que le carreauté ça fitait moyen avec les petits pois? J'te regarde pis j'me dis que t'es peut-être juste daltonien pis même à ça, ça m'explique pas pourquoi t'as mis des bas verts dans tes sandales brunes.




8. Le costumé. L'Halloween, c'est une fichue de belle fête. Depuis que t'es kid que t'attends ça avec hâte chaque année. Pour toi, c'est LA fête la plus cool ever, ça fait qu'asteure que t'es rendu adulte et maître de ta propre destinée, tu t'es dit "Fuck it, pourquoi je me priverais?" pis tu t'es monté une pas pire collection de costumes que tu sors au gré de tes fantaisies. T'es weird, mais j't'aime ben. By the way, mon pref, c'est ton habit de curé, c'est toujours drôle de voir un homme d'église caller une tournée de shooters, ça fait changement du vin de messe.





9. Le gai drunk. Chaque fois que t'as un peu trop bu, tu te mets à embrasser tes chums du même sexe. Perso, ça me fait pas un pli sur la différence de voir tout ça aller, mais j'me dis quand même que tu refoules quelque chose le reste du temps. J'sais ben qu'il nous reste du chemin à faire même si on est en 2016, mais si t'es attiré par les personnes du même sexe que toi, affirme-toi donc. Vas y, montre ton vrai visage au monde, on va t'aimer encore plus quand tu seras toi-même en permanence, sans crainte ni refoulement.


10. Le fatiguant. Tu touches à toute pis tu parles à tout le monde. Ça en tant que tel, c'est pas vraiment un problème, sauf que toi, t'as pas les skills sociaux nécessaires à la réussite du projet. Tu coupes la parole aux groupes d'amis pour tenter de t'infiltrer dans la troupe, tu pettes la bulle du monde en les touchant pis même si t'es plein de bonnes intentions, tu gosses manne. Prends ton gaz égal, relaxe, laisse le monde vivre, trop vouloir c'est pas toujours gage de succès.




11. Le percussionniste. Les verres, le comptoir, les pailles, les bancs... name it. Tout est sujet à se transformer en drum. Toi, tu tapoches sur tout ce qui te tombe sous la main pis tu peux pas t'en empêcher. On dirait que ça serait moins désagréable si t'étais pas off tempo, mais bon... on peut pas tout avoir dans vie!


12. L'exhibitionniste. Toi, j'te comprendrai jamais. Je sais pas trop ce que t'essaies de prouver au monde en te flashant la graine ou les balls chaque fois que tu te mets chaud, mais qu'on se le dise, ces affaires-là, ça se fait pas en public. Quand t'es chez vous avec tes chums, je me sacre ben que tu joues à te la mesurer, mais si jamais tu fais ça dans mon bar pis que j'te pogne, arrange-toi pour ramasser rapidement tes ti-boutes qui dépassent parce que ça pourrait mal virer (haha, c'est un peu intense, souviens-toi que c'est juste pour rire).




13. Le Joe connaissant. Toi, j'ai pas besoin de te décrire beaucoup, j'suis sûre que l'monde te connait déjà. T'as tout vu, t'as tout faite, t'as voyagé partout, pis tu te gênes pas pour intervenir auprès de tout le monde avec tes judicieux conseils (parce que tu fais tout mieux que tout le monde, tsé). Sais-tu quoi? La connaissance, c'est comme la confiture. Moins t'en as, plus il faut que tu l'étendes.


Pour terminer, je tiens à remercier les gens qui ont partagé avec moi leurs idées (merci Yoan et Éli, entre-autres) et qui m'ont permis d'écrire un tome deux aussi funky. Il me viendra probablement d'autres idées dès que j'aurai appuyé sur le bouton "mettre en ligne", mais faut savoir s'arrêter un moment donné. Je sais que c'est un peu bitch sur les bords comme chronique, mais comme j'te disais y'a un moment, j'essaie d'écrire librement. Souviens-toi que c'est pour rire, pis si le chapeau te fait pas, ben personne te force à le mettre!




© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's