Faisons connaissance

Salut, moi c’est Manon (ou Maude des fois, mais je vous expliquerai ça dans une prochaine publication) pis je suis Barmaid.


J’ai commencé à servir de la bière au monde avant d’avoir l’âge légal d’en boire, pis j’ai jamais pu arrêter de faire ce travail-là. Y’en a qui disent que c’est « juste en attendant d’avoir un vrai travail » qu’on devient serveur. Je suis un peu coupable moi-même, parce que j’ai déjà pensé comme ça. Les années m’ont cependant appris que c’est quelque chose de profondément ancré en moi, quelque chose dont je ne peux pas vraiment me passer. Je vais te faire un long story short pour que tu comprennes.


Je viens d’un petit village de l’Abitibi-Témiscamingue qui s’appelle Saint-Nazaire de Berry. Si tu regardes sur une map, tu vas voir que c’est un peu loin dans le bois, pis je t’en veux pas de penser comme ça, je le sais que c’est perdu. Chez nous quand j’avais 14 ans, les possibilités d’emplois étaient plutôt restreintes. Le seul commerce du village était le chic restaurant-bar-dépanneur-pompe-à-essence Chez Dédé. Ça fait que je suis allée travailler là, à flipper des boulettes entre deux pleins d’essence pis à déboucher une bière entre une vente de gratteux pis une poche de patates. Bon, vu que je t’ai dis que j’allais faire une histoire courte, je vais t’épargner le récit complet et je vais juste te dire qu’au bout d’un certain temps, pour étudier, il a fallu que je quitte le bercail. Comme la seule chose que je savais faire c’était de servir les gens, je me suis trouvé une autre job de serveuse. J’ai gardé cet emploi jusqu’à ce que je gradue et que je doive me trouver un « vrai job », relié à mes études pis toute. Comme c’était pas évident de trouver du travail dans mon domaine, j’ai quitté l’Abitibi en quête de nouvelles aventures et j’ai abouti dans la capitale.


La première fois que je suis allée au Pub Nelligan's, j’ai cherché l’endroit pendant une bonne heure (pas que c’est si difficile à trouver, c’est juste que je n’étais pas habituée de circuler dans la grand’ville). Pendant que je cherchais l’endroit, mon cousin que j’allais rejoindre et qui m’attendait tout seul au bar avait eu le temps de s’enfiler quelques pintes en m’attendant. Il était donc d’une humeur assez festive à mon arrivée et m’a confié qu’il aimait bien l’endroit à cause de l’ambiance absorbante qui y régnait. C’est donc à travers les rires gras, les pintes de Guinness et les shooters de whisky que je me suis laissée absorber moi aussi par le Nelligan's. J’en suis ressortie un peu bourrée mais ravie d’avoir découvert l’endroit.


Quelques temps après, alors que je cherchais vainement un travail sérieux, j’ai vu passer une annonce : Barman demandé. J’ai d’emblée écrit aux patrons en leur disant de ne plus chercher, que c’était de moi dont ils avaient besoin et que j’étais prête à commencer « hier ». Je passais mon entrevue le lendemain et j’en ressortais avec un emploi.



Ça fait maintenant 6 ans que je travaille au Pub Nelligan's, sur la Côte Sainte-Geneviève, en plein cœur de Saint-Jean Batte (lire ici Saint-Jean Baptiste, que j’aime d’amour) et j’adore mon travail. Des fois c’est drôle, des fois moins, mais c’est toujours aussi mémorable.


J’ai toujours aimé écrire et je me suis dit cent fois qu’il fallait que je partage mes aventures sans jamais faire l’effort de le faire réellement. C’est là qu’arrive la magie. La semaine dernière, ma patronne m’est arrivée avec une proposition alléchante… Devenir rédactrice pour le pub et produire une chronique par semaine pour raconter ce qui s’y passe. J’ai donc sauté sur l’occasion et mis en ligne « La Serveuse du Nelligan's » que tu vas pouvoir suivre assidument et partager avec tes amis. Parce que oui, je sais lire, écrire, pis toute, même si je suis juste une barmaid (clin d’œil aux prochaines chroniques). Je te donne donc rendez-vous chaque dimanche soir, pis je te gâte avec mes histoires. Ah pis, je vais te construire un plus beau site web au fil du temps. À très bientôt !

© 2016 Manon Choquette, alias la serveuse du Nelligan's